Plume d'Apolline

Quelques mots, quelques photos, quelques idées qui passaient par là

06 octobre 2014

Immobile

Dix ans à peine,

sanatorium,

univers carcéral,

... mal de Père.

 

Dans ma nouvelle prison chimique,

mal de mer.

Dépression, cyclone,

tempête.

 

Un comprimé.

Clic clac,

la porte est refermée.

 

Dans ma nouvelle prison chimique,

mal de Mère.

 

Parallèle imposé,

d'une prison à l'autre

je suis tas de pierres

… abandonné.

 

 

Janine Martin-Sacriste

31 mai 2011

Posté par LeCroisic à 18:43 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    .... bisounine.....

    Posté par montluçonezmaské, 06 octobre 2014 à 19:12
  • Face à une vie aux figures tutélaires introuvables ("Père" et "Mère" sacralisés par des majuscules), la jeune locutrice ("Dix ans à peine"), comme une plante privée d'étais susceptibles de la tuteurer pour la faire s'épanouir, s'éprouve infiniment minuscule. Il se dessine, à l'intérieur du poème, une double claustration : à celle du corps ("sanatorium", "univers carcéral", "prison") s'ajoute en effet celle de l'esprit ("prison chimique" x 2, "comprimé"). Le procédé d'accumulation ("Dépression, cyclone, / Tempête") traduit la profondeur de l'échouage moral traversé en ce lieu sinistrement clôturant. Un jeu d'antithèses ("nouvelle prison"/"d'une prison à l'autre") marque la persistance dans le temps de l'enfermement subi. Celui d'aujourd'hui ("Immobile", comme l'indique le titre) laisse à penser au lecteur que celui d'hier se présentait différemment, qu'il offrait sans doute un peu plus de latitude, de mouvement. Cependant, la solitude, radicale, demeure invariablement la même (expression : "Parallèle imposé"). La difficulté à verbaliser se lit dans la présence forte de nominales qui matérialisent autant de perceptions brutes des choses. Une première verbale ("… la porte est refermée"), à la forme passive et sans complément d'agent, rend compte on ne peut plus clairement de la distance infranchissable établie entre les autres et la locutrice. L'onomatopée ("Clic clac") manifeste l'extrême brièveté de la présence d'autrui et, par conséquent, l'absence totale d'échange. La seconde verbale, constituée d'un groupe nominal sans même un article ("je suis tas de pierres..."), confirme le constat sans appel du caractère inconstructible de l'identité. Ce qui aurait pu être assis sur des fondations, bâti, charpenté, dressé en maison, en lieu de partage, institué en murs, en cloisons, en toiture, en portes et en fenêtres, a été inexorablement laissé à l'état de projet avorté.

    Merci pour ce partage !

    Posté par jfmoods, 15 octobre 2014 à 21:09

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