Plume d'Apolline

Quelques mots, quelques photos, quelques idées qui passaient par là

21/06/2009 NAISSANCE DU BLOG ''PLUME D'APOLLINE'' – jour du solstice d'été !
Avec Marquise de Sade dans le rôle de la Sage Femme et peut-être même en porteur de gamète !


Je suis une plume légère mais alourdie par les pierres des vies et des logis de mes ancêtres.

Je suis une plume au vent qui se détourne souvent de son courant-porteur – genre plume un peu 'lièvre de La Fontaine' qui baguenaude et respire les mauvaises herbes et les fleurs des champs....

Plume fragile et résistante, loin, très loin de la plume Sergent major de mon enfance ; je suis plume à écrire, mais surtout plume à dire, plume à rire, plume à plaire, plume, plume, plume au vent !

Je serai plume solaire et solitaire qui se transmettra secrètement !


LeCroisic


04 février 2015

Les masques.

Je préfère rêver.

Ne suis pas douée pour vivre éveillée.

 

Jusqu'où vais-je pousser l'art du cloisonnement ?

 

L'âge venu,

Je me découvre fatiguée par le poids de tous ces masques que je porte quotidiennement pour être reconnue par chacun.

Je leur en veux – presque – d'être à l'origine de la création d'un nouveau masque et pourtant…

Et pourtant je sais leur innocence en ce domaine.

Déçue par tous ceux qui ne sont pas à la hauteur du masque que j'ai crée pour eux.

 

Comment expliquer cette faim insatiable de nouvelles conquêtes amicales ou amoureuses dont je ne suis jamais la dupe ou alors pour un court instant et toujours triste de cet élan, engouement que je suscite car je connais la fin inéluctable de ce nouvel émerveillement.

Je n'aime l'autre que le temps de la quête, de la découverte, de la recherche profonde, de l'espoir ?

 

Et moi ?

Je me glisse nue et sans masque dans le froid de mes bras, mes bras blancs et ronds faits pour aimer, mais… il est bien tard pour offrir la caresse attendue.

 

La lassitude s'installe, je ne joue plus dans la continuité ; un jour, deux jours de marivaudage, de comédie à peine subtile, cela suffit !!!

Je m'ennuie si vite avec les autres.

Ils sont si prévisibles.

 

Combien de masques vont tomber en poussières ?

 

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11 décembre 2014

Portrait.

Ma mère est là,

tête penchée sur sa table roulante,

entre son lit médicalisé et la fenêtre,

petit bout de femme,

émouvant dans sa solitude et son enfermement.

Elle ne m’a pas reconnue.

Il en est ainsi depuis si longtemps.

J’ai posé mes mains sur les siennes.

J’ai la particularité d’avoir toujours les mains chaudes,

même en hiver.

Elle les a saisies, les a caressées, embrassées à plusieurs reprises

et les a tenues fermement entre les siennes pendant presque une heure.

Une heure silencieuse et chargée d’amour.

Elle renifle ma peau,

comme une chatte renifle ses petits.

Elle léche mes doigts à petits coups précis.

A-t-elle reconnu l’odeur de son enfant ?

Elle me flaire.

La douleur habituelle qui embrase mon plexus solaire a disparue pour faire place à une grande joie.

Je me lève doucement de ma chaise,

je soulève ma main gauche pour lui caresser la tête.

Si frêle objet.

Je sens les plaques osseuses sous mes doigts.

Ne reste que la peau,

les veines saillantes sur ce squelette animé.

Elle prend ma main droite pour la déposer sur son visage.

Je parcours ainsi en caresses légères,

chaque centimètre de ce qui sera pour moi le portrait final de ma mère.

Étrange peinture, toute en émotion

et légers tressaillements de sa part

lorsque le plaisir l’effleure.

Elle a eu cent ans en août 2013.

 

Janine MARTIN-SACRISTE

11 décembre 2014

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17 novembre 2014

... ma ville.

Ma ville, c'est d'abord un fleuve, vert et doux, avec de longs cils de baudet du Poitou. 

Après s'être repu de grasses prairies, s'être enivré de liqueur, il part comme un jeune fou se jeter dans la mer à Rochefort dans une éjaculation visqueuse.

François 1er disait de lui : c'est la plus belle rivière de mon royaume ! Il l'aimait au féminin, moi je préfère ma Charente plus virile.

Ma ville, c'est une longue histoire... de France pour le passé, de province pour mon présent.
C'est une procession de toits d'ardoises pour les beaux châteaux des célèbres négociants en eaux-de-vie puis une suite de toits en tuiles roses ou oranges pour les demeures plus modestes.
Elle et moi nous sommes souvent quittées, souvent fâchées, jamais oubliées.
Désertée par sa jeunesse, un peu courtisée l'été pour ses jupons luxueusement parfumés, honteusement oubliée le reste de l'année, car qui aimerait coucher auprès d'une Princesse endormie ?
Telle est Cognac qui vit dans ses grands souvenirs et ses petits rêves étriqués.

Reste mon beau fleuve immuable... dans lequel je renais chaque printemps.

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09 novembre 2014

Abandons

Le père de l'enfant

est parti.

Pas de cris.

 

Elle

n'a rien demandé.

Elle

ne sait pas aimer.

 

Le futur est un mot.

 

Une deuxième lettre.


La première,

elle avait dix ans, 

parlait de décès,

celle-ci...

d'émancipation.

 

Elle...

comprend abandon.





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03 novembre 2014

... un débarcadère, une petite fille en bleu, une demeure en granit sombre...

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27 octobre 2014

... les anges ne boivent pas plus que leur part !

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06 octobre 2014

Immobile

Dix ans à peine,

sanatorium,

univers carcéral,

... mal de Père.

 

Dans ma nouvelle prison chimique,

mal de mer.

Dépression, cyclone,

tempête.

 

Un comprimé.

Clic clac,

la porte est refermée.

 

Dans ma nouvelle prison chimique,

mal de Mère.

 

Parallèle imposé,

d'une prison à l'autre

je suis tas de pierres

… abandonné.

 

 

Janine Martin-Sacriste

31 mai 2011

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29 juillet 2014

Ma bignone n'est pas rancunière... après la morsure des grêlons !

Fleur de Bignone 28 juillet 2014

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28 juin 2014

Le blockhaus est désensablé... en partie...

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13 mars 2014

PEN BRON 1964

 

Il y a un cimetière mystérieux avec des tombes d’enfants, là bas sur le chemin des marais.

Et puis des petits os et des petites crottes rondes dans l’herbe… sûrement les restes des enfants assassinés par les geôlières avec leurs ‘mouettes‘ en coton blanc amidonné, enserrant leurs têtes sévères et leurs longues robes noires qui claquent à chacun de leurs pas.

Il y a les messes matinales, à jeun… et Jésus le fruit de vos entrailles.

Mais aussi des draps séchés à plat sur les chardons, qui dans le lit, sentent le soleil et le sable, mais, piquent sournoisement les jambes dénudées par la chemise de nuit rugueuse et trop courte.

Il y a les grandes marées qui elles aussi vomissent le fruit de leurs entrailles et recouvrent la plage jusqu'aux chevalets de fer et de béton – sentinelles grises qui veillent jour et nuit sur cet ailleurs où je suis enfermée.

Il y a les bains glacés dans cette mer étrange.

Et il y a les odeurs d'iode et de vase qui se fracassent à mi-chemin entre le grand large et le grand mystère marécageux.

Et la gymnastique corrective – très corrective- des heures, les bras en croix, suspendue à l'espalier !

Il y a l’abbé affectueux - très affectueux – qui préfère me confesser dans la sacristie, en me caressant les fesses tout en marmonnant des mots incompréhensibles, chargés de son haleine fétide.

Les parents absents, trop absents.

Il y a le dortoir, où les plus grandes me font toucher leurs pubis soyeux dans le noir.

Il y a aussi ces couples étranges sur la plage, qui s’embrassent à pleine bouche, qui rient à gorge déployée, qui courent dans les vagues et baissent leurs culottes pour offrir leur cul à la mer.

Mon père est mort.

J’ai trouvé la lettre sur le bureau de Sœur Lucie, je l’ai dérobée et lue. Puis je l'ai remise à sa place.

«Ma Sœur,

Mon mari est décédé… il faut l’annoncer en douceur à ma fille.»

Dorénavant, ce seront mes rêves, qui la nuit deviendront MA REALITE, les jours sont des cauchemars dont je ne peux m'échapper.

Je suis devenue muette et un énorme herpès me défigure.

Sœur Lucie me dit : Dieu a rappelé ton père à lui. Tu ne dois pas pleurer.

Je ne pleure pas. Je fais pipi au lit.

J’ai volé des bonbons et un ballon dans le bureau de la Mère Supérieure.

J’ai mangé les bonbons et caché le ballon dans le sable du petit cimetière pour que les enfants jouent et pleurent avec moi.

 

 

Janine MARTIN-SACRISTE

Janvier 2009

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